Le ministère de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, à travers l’Inspection technique des services, à organisé le jeudi 25 octobre 2018 à Fada N’Gourma, une journée de sensibilisation sur la lutte contre la corruption en milieu judiciaire et pénitentiaire au profit des magistrats, personnels judiciaires et pénitentiaires du ressort de la Cour d’appel de Fada N’Gourma.

Trois communications étaient inscrites au programme, sous la modération du Procureur général près la Cour d’appel de Fada N’Gourma, Rasmané BIKIENGA. D’abord, une communication sur l’inspection technique des services, livrée par l’Inspecteur général des services (IGS), Simplice G. PODA. Ensuite, une communication sur la déontologie, livrée par Pascal COMPAORE, président du Tribunal de grande instance de Ouagadougou (il dispense ce cour aux élèves magistrats à l’ENAM). Enfin, une communication sur la lutte contre la corruption au sein de la justice, livrée par Karfa GNANOU, président du Comité anti-corruption Justice-Droits humains (CAC/JDH), par ailleurs président du Tribunal administratif de Bobo-Dioulasso.
Ces communications ont suivies d’échanges avec les participants.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par l’IGS, Simplice G. PODA, représentant le ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, Garde des sceaux, Bessolé René BAGORO.

Il est revenu sur les conséquences néfastes du phénomène de la corruption et les actions entrepris pour l’endiguer.

Au plan international, a-t-il relevé, les Nations-Unies ont institué la Journée internationale de lutte contre la corruption qui se tient le 9 décembre de chaque année.
Au plan national, le Burkina Faso a, en 2007, créé, par la loi 032 – 2007/ AN du 29 novembre 2007, l’Autorité Supérieure du Contrôle d’Etat qui par la suite prendra l’appellation de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat et de Lutte Contre la corruption (ASCE-LC) par la loi 082/2015/CNT du 25 novembre 2015.

 

Toujours dans la perspective de renforcer le cadre juridique national sur la lutte contre la corruption, le Burkina Faso a adopté, à travers le Conseil National de la Transition (CNT), la Loi N°004-2015/CNT du 03 mars 2015 portant prévention et répression de la corruption.

Au sein du département de la Justice, des Droits humains et de la promotion civique, a indiqué le magistrat PODA, l’inspection technique des services à travers ses missions permanentes de contrôles des différentes structures contribue au quotidien à la lutte contre la corruption. C’est dans cette action qu’elle a depuis 2017, inscrit dans son programme d’activités, l’organisation et la tenue d’une journée de sensibilisation sur la lutte contre la corruption en milieu judiciaire et pénitentiaire.

Poursuivant la réflexion sur la lutte contre la corruption, une structure dénommée Comité anti-corruption/justice et droits humains (CAC/JDH) a été mise en place le 17 janvier 2018.

Pour l’Inspecteur général des services judiciaires, pénitentiaires et des droits humains, la lutte contre la corruption requiert une mise en synergie de toutes expériences et expertises, dans le cadre d’une vision commune que nous devons tous partager.

« Aussi j’en appelle à tous sur la prise en conscience de l’effet dévastateur de la corruption et de ne ménager aucun effort pour en venir à bout », a-t-il lancé.

Selon le rapport 2017 du REN-LAC, « la justice a amélioré son rang dans le classement des services perçus comme les plus corrompus au Burkina Faso, passant de la sixième place en 2016 à la dixième place en 2017. Mais devons-nous pour autant baisser les bras ? Nous devons au contraire redoubler d’efforts afin d’éradiquer de manière visible et irréversible la corruption dans le milieu judiciaire et pénitentiaire et restaurer ainsi la confiance du justiciable à sa justice ».

Bachirou NANA