Le ministère de la Justice en collaboration avec la représentation du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) au Burkina Faso, a organisé le mardi 5 mars 2019 une rencontre de travail sur le plan d’action national de lutte contre l’apatridie.

En vue du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre de ce plan, un organe de pilotage appelé ‘’Equipe technique apatridie pays’’ a été mis en place. Cet organe comprend des ministères sectoriels, des organisations de la société civile, les agences des Nations unies concernés par la question de l’apatridie ainsi que des personnes de ressources. C’est dans ce cadre que s’est tenu la rencontre, première depuis la mise en place de l’équipe.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Bessolé René Bagoro.

Dans le cadre de la lutte pour l’éradication du phénomène de l’apatridie au Burkina Faso, a-t-il rappelé, le gouvernement a adopté le 19 septembre 2017, un plan d’actions national de lutte contre l’apatridie 2017-2024.

Ce plan d’actions national s’inspire du plan d’action global du HCR visant à éradiquer le phénomène de l’apatridie dans le monde à l’orée 2024, mais également du Plan d’action régional CEDEAO, appelé Plan d’action de Banjul de mai 2017 et de la Déclaration d’Abidjan du 25 février 2015 sur l’éradication de l’apatridie en Afrique de l’Ouest.

Neuf (09) actions sont contenues dans ce plan et visent notamment à : résoudre les situations existantes d’apatridie au Burkina Faso, incluant les migrants ; prévenir l’apatridie chez les enfants ; améliorer les données quantitatives et qualitatives sur l’apatridie ; sensibiliser les populations et former les acteurs clés sur l’apatridie.

Les activités menées dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action ont permis selon le ministre de mieux faire découvrir le phénomène de l’apatridie au Burkina Faso.

Au nombre de ces activités, il a énuméré les sensibilisations des populations et des milieux académiques, les audiences foraines de délivrance massive d’actes de naissance et de certificat de nationalité burkinabè, les formations d’acteurs clés tels que les magistrats, les parlementaires, les chefs de circonscription administratives, les élus locaux, les cadres de l’administration, etc.

« Ces formations ont été particulièrement bénéfiques pour les magistrats dont le rôle est fondamental dans la prévention de l’apatridie à travers la délivrance du certificat de nationalité burkinabé. En effet, elles ont permis d’harmoniser les pratiques en cette matière », a souligné Bessolé René Bagoro.
Il a exprimé la reconnaissance du gouvernement à l’ensemble des partenaires qui apportent leurs concours à notre pays dans le cadre de la lutte pour l’éradication de l’apatridie. 


Par ailleurs, a-t-il ajouté, le département de la Justice est dans une dynamique de relecture du code des personnes et de la famille qui a permis de relever certaines lacunes des dispositions sur la nationalité et l’état civil et qui vont être corrigées pour protéger les enfants contre le phénomène. 
Il a également cité le projet l’élaboration et l’adoption d’une loi sur le statut d’apatride dont le processus va être enclenché incessamment avec l’appui de nos partenaires. « Je fonde l’espoir que ces dossiers puisent aboutir avant l’événement de haut niveau en octobre-novembre 2019, au cours duquel les différents pays vont prendre de nouveaux engagements pour accélérer l’éradication de l’apatridie dans le monde », a soutenu le Garde des sceaux.

La représentante résidente de l’UNHCR au Burkina Faso, Mme Ioli Kimyaci a salué les efforts du gouvernement, notamment l’adhésion du Burkina en juillet 2017 à la convention de 1961 relative à la réduction des cas d’apatridie et l’élaboration du plan d’action 2017-2024. Elle a assuré le soutien de l’UNHCR pour la mise en œuvre efficace des actions de lutte contre l’apatridie au « pays des Hommes intègres ».

Bachirou NANA